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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 09:00

concours-d-entree-6eme.jpgPréface: cet article ne traitera pas du débat qui se déroule atuellement entre Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur BFM-TV et RMC.

 

Hier matin, mon paternel m'amène à la gare St Charles, et en route, nous passons devant la "Rue des bergers".

Pensif, les sourcils un peu froncés (mais pas trop, parce qu'après il n'y voit plus rien..trop broussailleux), mon père lance:

"La Rue de bergers, tiens...C'est ici que j'ai passé mon certificat d'entrée en 6ème...

...Et oui, avant on passait un certificat pour entrer en 6ème... Et moi je l'ai passé ici..."

 

- Mais t'es arrivé à quel âge en France?

(par cette question sournoise que je pose fréquemment, je tente de voir si mon père me donne toujours la même version de sa vie. Si tel est le cas, je finirai par conclure qu'il n'est pas mythomane, mais bel et bien James Bond)

- Vers 11 ans... et on m'a mis dans la classe qui est l'équivalent du CM2..

- On t'a fait "redoublé" quand t'es arrivé en France...

- Non, pas vraiment, parce qu'avec la guerre, de toute façon, on avait tous un an de retard au moins... mais en fait, en Italie, j'étais allé jusqu'à l'équivalent de la cinquième... à 9 ans, j'étais en cinquième...j'étais une "grosse tronche", quoi.. 

..Et puis je suis arrivé en France, et on m'a mis en CM2...

Alors je me suis retrouvé, petit gringalet, avec des mecs de quatorze ans qui avaient déjà de la moustache... Eux, ils attendaient de pouvoir quitter l'école. Oui, parce qu'avant, l'école était obligatoire jusqu'à 14 ans, et après pffiou... 

Et comme, moi, j'avais déjà étudié l'algèbre en Italie, à l'école, les problèmes de robinet qui coule dans une baignoire percée, tout ça, je savais les résoudre, et rapidement en plus..et ça, les mecs à moustache, ils l'ont bien vu...alors, après ils m'ont demandé de les faire à leur place..contre de l'argent.. je monnayais, plutôt je prostituais mon savoir en quelque sorte..

Je me souviens qu'il y en avait un, de grand, qui s'appelait Passarelli...Il parlait un peu italien..lui, il était devenu mon protecteur... après, fallait pas chercher à toucher à un de mes cheveux..."

 

En effet, ce qu'il faut savoir c'est que, à son arrivée (ou du moins à son "retour") en France, mon père parlait mal pour ne pas dire pas le "français".. Et suite à son intégration dans la classe, l'institutrice avait du expliquer à Madame Ferroni mère que son "fils ne comprenait rien".

Elle avait, par ailleurs, un peu de mal à voir comment celui-ci arriverait à s'en sortir au vue des grandes lacunes grammaticales et linguistiques qu'il avait de façon générale.

Mais l'année de CM2 a passé, et le Jojo (c'est ainsi qu'on l'appelait à ce moment là) avait réussi à bien se débrouiller en en français.

Et cette première année scolaire en France dut se clore par le concours d'examen d'entrée en sixième, dans l'école de la rue des bergers donc.

 

"Je me souviens qu'il fallait qu'on calcule l'angle fait par les aiguilles d'une montre qui marque l'heure de midi et quart...

 Et je me rappelle que à la fin de l'épreuve, pendant la récréation, entre l'épreuve de mathématiques et de français, dans la cour, les autres ils parlaient du problème... et je les entendais fanfaronner: "hahaha..trop facile.. trop nul...90°... trop simple..." 

"Trop nul le problème..", dans ma tête, je me disais "Et ben..si ils savaient..."...

Moi, j'avais bien failli faire comme eux, et puis je trouvais cela trop simple... et d'un coup, je me suis dis "mais bon sang!"...

Et oui, parce que, quand il est midi et quart, la petite aiguille, elle n'est plus sur le douze de "midi", elle a avancé... un petit peu.. et donc l'angle il n'est pas de 90°..."

( ...elle a avancé de 7,5 degrés si mes calculs sont bons...soit un angle de 82,5° à midi et quart..Au moment, où j'écris ça, je me rends compte de façon très affligée qu'aujourd'hui, on n'oserait pas trop poser ce genre de problème au brevet à l'issue de la troisième...)

Après ça, je continuais de lire le sujet comme si je venais d'échapper à une mine..."

 

Puis, quelques semaines plus tard, les résultats d'entrée en sixième sont arrivés.

Sur les 25 élèves de la classe, il n'y eut que deux admis:

 

L'italien et le noir.

 

Geoffroy et Conseil, de leurs prénoms respectifs.

 

Bref, heureusement que ce jour-là, il y eut les "ritals" et les "bougnoules" pour sauver l'honneur...

 

La "France aux français"..pourquoi pas...mais, apparemment, mieux vaut qu'ils le soient d'adoption...

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 22:53

karine-benoit.jpgL'amour ne rend pas aveugle.

Il rend complètement con.

C'est différent.

 

Etre amoureux, ce n'est pas ne pas voir le mur...

Etre amoureux, c'est voir le mur et se diriger droit dedans...

 

Tout de suite, un exemple personnel (mais non récent) des ravages engendrés par la stupidité amoureuse:

 

Au lycée, en première S,  j'avais 15 de moyenne en S.V.T.

Voulant devenir professeur de S.V.T,  la logique aurait voulu que, à l'issue de cette année de première,  je choisisse l'option "S.V.T" pour  mon année de terminale ainsi que pour le bac.

 

C'est ce que la logique aurait voulu...

 

Mais c'était sans compter sur le regard bleu azur de Benoît C. (avec qui je venais d'avoir une idylle passionante, passionnée et déchirante de deux grosses bonnes semaines...)

 

" Moi je pense prendre S.V.T...Et, toi, tu prends quoi, Benoît, comme option l'année prochaine...?

" Moi, je prends spécialité Math..."

"Ah...Math... ah...ouais...hum...c'est vrai que c'est bien, les math aussi..."

  

A l'issue de ce bref échange aussi fougueux (en un mot) que tendre, au détour  d'un couloir, ma main n'eut pas grand peine à cocher quelques semaines plus tard, dans le formulaire d'inscription en classe de terminale, la case "Spécialité Mathématiques" .

 

Et ce n'était pas mon joli 8 de moyenne en Math qui allait me faire cocher le contraire.

 

Bien sûr restait encore le problème de tomber dans la "bonne" classe de Terminale S spécialité Math...celle avec Benoït C. dedans...(le problème d'avoir son bac avec un 8 de moyenne en Math, coefficient 9, étant bien sûr complètement obsolète à côté du drame amoureux qui se déroulait alors).

 

Mais heureusement ré-intervient, à ce moment là, l'amour.

L'amour qui, en plus de rendre complètement con, rend téméraire.

 

Aussi après avoir coché "spécialité Math", je n'eus aucun mal, au verso de ma feuille d'inscription, à écrire la phrase suivante:

" Pour des raisons de facilités de transports scolaires, nous vous serions reconnaissants de mettre notre fille Nicole Ferroni dans la même classe que Benoît C. et Karine* G."

 

* Karine G. qui, étant ma compère dans toute épreuve, avait décidé elle aussi de venir en spécialité math...

 

Belle prouesse d'esbrouffage qui nous aura valu à Karine et moi (et Benoît, mais à son insu) d'être dans la même classe au mois de septembre suivant, pour des soit-disant raisons de transports scolaires qui auraient demandé à n'importe quel transporteur virtuel d'effectuer plus de 50km de voiture chaque matin ( Karine habitant à Cuges, Benoît à Carnoux et moi à Aubagne).

 

Certes, mon stratagème soutenu de rapprochement de Benoît C. n'aura pas été des plus réussis puisque, après un an d'amour même pas transi pour lui, Benoît C. aura préféré se taper ma meilleure amie.

Cependant, il faut avouer que même si l'amour rend con, il ne rend pas toujours malchanceux...

 ..car effectivement, je n'ai pas eu Benoît...mais aujourd'hui...douze ans après...j'ai toujours Karine.

 

L'amour rend aveugle...?

 

L'amitié rend clairvoyante...

 

 

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 00:34

pasradis-neige.jpgLe paradis, ce n'est pas un endroit.

 

C'est un moment.

 

Du moins, c'est un peu de l'un dans l'autre. C'est un moment à un endroit.

 

Moi, par exemple, je connais un petit paradis qui n'est pas un endroit... mais qui est quand même un paradis, parce que des tas d'indices le prouvent... En effet, là-bas, on peut remarquer que:

-  les piétons battent les coutures à plat de voitures (et inversement),

 

- C'est un endroit où les mégots et les petits cacas de chien laissés sur les trottoirs (les cacas, pas les chiens..) disparaissent d'eux-mêmes comme par magie, 

- c'est un lieu où on fait fi de l'apparence (et où une fille bien habillée, pomponée, provoquerait sûrement l'indignation générale...),

- un refuge où les politiciens (si tentés, ou si tant est ,qu'ils en soient vraiment) disent des choses un peu censées (comme "ornihon", "auhemard", "aahouète"...)*. Un espace où pour une fois,  ne sortent de leur bouche ni des mensonges, ni des promesses, ni re-des-mensonges mais des choses presque cohérentes....

* si vous n'avez pas compris cette blague...veuillez m'adresser un courrier.

- un petit eden où on nous oblige à sécher le travail même si on n'est ni dimanche, ni férié, ni en grève, ni malade, ni les quatre à la fois...

- un cocon dans lequel l'air est pur (sans dioxyde, ni monoxyde de carbone, ni triploxyde de burunium) mais dans lequel la seule pollution qui entâche l'atmosphère est formée par quelques rares gros mots échappés à un arrêt de bus.

- un hameau où les gens regardent par la fenêtre, et non par l'écran...

 

Bref, un monde de pureté, de douceur, de silence, de sérénité...

 

Mon petit paradis à moi, il est magique.

Mon petit paradis, pour certains, c'est un peu le vôtre aussi.

 

Mon petit paradis, c'est...

...les Bouches-du-Rhône...sous la neige.

 

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 06:54

graine.jpg

 

Parce que le travail c'est pas la santé quand on ne l'aime plus, mon cerveau est en hibernation le temps que celui-ci se finisse (le travail..pas le cerveau).  Par chance, c'est pour bientôt, et dans dix jours, je pourrais germer de nouveau.

En attendant que le printemps arrive, mes chroniques font bouchon quelque part dans ma tête. Mais dès que un peu d'eau, un peu de soleil, ou un peu de rosée (voire de rosé) se sera posé sur elles, alors ma tête pourra reprendre une activité normale.

Allez, courage, petite graine: l'hiver n'est qu'une saison.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 00:20

cul-de-pouleVoici la véritable histoire que j'aurai du écrire la dernière fois (avant que mon cerveau ne dérape).

 

A cette époque, mon père avait environ vingt ans.

Il était  le chef de patrouille d'une patrouille de Raiders...

Les Raiders correspondaient, chez les scout de l'époque, à cette tranche d'âge où les jeunes hommes devenaient des hommes tout court, avec des poils, des muscles, des hormones, du courage, l'absence quelconque de notion de danger et le sens aigu du masochisme pour se sentir vivre.

Et, bien loin du scoutisme d'aujourd'hui, les Raiders s'apparentaient plus à une branche écolo du GIGN, qu'à une brochette de gentils enfants de choeur...

 

Aussi, une des occupations favorites des Raiders consistait par exemple à se faire "larguer" ou à larguer les autres membres de la troupe quelque part dans la nature, de nuit, avec pour seul matériel, un canif', une gourde, une boussole pour 5, et pour seule consigne: se retrouver le lendemain en un point donné, situé à généralement 50 bornes de là...

Quand ce n'était pas à 100 km pour le surlendemain...

 

Les jolies colonies de vacaaaaaances...

 

Un été, toute la patrouille de St Marcel (dont mon père était le chef) était parti en camp.

Et durant ce camp, qui s'était déroulé dans un endroit de France dont les prés devaient être bien verts, la meute de jeunes avait du essuyer deux semaines de grosse pluie continue.

Tout était mouillé. les habits, les tentes, les duvets. Tout était trempé et rien ne séchait, à tel point que les habits de certains avaient fini par moisir au fond du sac.

 

Le sol était boue, le bois était éponge...et l'eau avait rendu très difficile tout projet de faire partir un feu...

 

Or sans feu à un camp scout, on mange froid. Sans feu, on ne sèche pas. Sans feu, on grelotte, même l'été. Sans feu, le soir, on se retrouve autour de rien. Sans feu, on se maudit d'être en camp scout.

Le feu détient bien 50% de l'intérêt d'un camp scout...

 

Or, il était devenu quasi-impossible d'allumer un feu.

Du moins impossible sans l'intervention d'un coup de pouce...

 

Un coup du pouce du chef de patrouille, qui habité sans cesse par cette passion des choses qui brûlent bien ou qui explosent, avait emmené avec lui un peu de...napalm.

 

"Moi, j'avais toujours un peu de ce genre de truc en camp scout...au cas où..."

 

Mais même avec du Napalm, le père Ferroni devait bien batailler pour obtenir une flamme un peu fiable.

 

Aussi, le jour où les raiders, partis deux jours tous seuls à l'aventure, devaient revenir au camp après plusieurs heures de marche et d'errance sous une pluie battante, mon père s'était démené pour faire partir un feu, tant bien que mal.

Il s'y était mis dès le matin, regroupant à ses côtés, les branches qui étaient juste mouillées (et non imbibées d'eau).

Le petit feu qu'il arrivait à conserver à coup de napalm ne lui servait alors qu'à faire sécher les branches et les bûches qui devaient lui servir de combustibles par la suite.

En cette fin de camp, maintenir le feu relevait plus du miracle que de l'effort.

Et c'est d'ailleurs une prouesse qu'ont salué bien bas les jeunes revenus péniblement de leur raid, trempés jusqu'aux os...avec des eaux dans les os...

 

Par petits groupes de deux ou trois, ils arrivaient épuisés, et allaient assez rapidement s'avachir sur leur duvet un peu moins trempé qu'eux-mêmes, après avoir retiré leurs chaussures en macération.

Et avant de s'évanouir, la plupart pensaient quand même à ressusciter leurs doigts gelés au coin du feu.

 

Alors qu'un bon tiers de la troupe était déjà revenu à bon port, mon père eut l'idée d'entamer la préparation du repas. Un repas chaud. Pour les jeunes refroidis.

Il avait prévu un bouillon, une soupe, avec des  légumes et/ ou des pâtes à cuire dans une eau bouillonante.

 

Mais pour faire bouillir de l'eau, il faut un bon feu.

 

Alors, voilà que le Geoffroy ménage le foyer de son feu.

Il bouge les bûches, souffle d'un côté, surveille de l'autre, il attise la flamme, le feu prend, le feu s'éteint, il souffle, la cendre lui revient dessus, napalm à droite, petit bois à gauche, souffler, petit bois, bouger les braises,souffler...

 

Après tant de bataille, le feu a l'air de tenir, et mon père finit, fatigué, par passer le flambeau (dans tous les sens du terme) à Cul-de-Poule (un des jeunes nommés ainsi parce qu'il avait un cul très bombé, aussi bombé que celui d'une poule..)

Cul-de-poule, blessé quelques jours plus tôt à un des nombreux exercices paramilitaires de la patrouille, avait du être exempté de Raid et était donc resté avec mon père au camp.

 

Avant d'aller se reposer, mon père lui donne les dernières indications pour la préparation du repas.

"Là, apparemment ça va à peu près...mais quand tu vois ça a bien pris, tu mets l'eau sur le feu..."

..sous entendu, "pour faire cuire les légumes"....

 

Délesté de la tâche "gestion du feu", mon père s'allonge donc dans sa tente un livre à la main...

Il se plonge dans son bouquin.

Il ne lit que depuis une poignée de minutes, quand soudain il est tiré de sa torpeur par des grands bruits:

"Pchiiiiiiiiii....splach!..Pchiiiiiiiuuuuuuuu....sflach! ....Pchhhhhhiiiiiuuuuuuuuu..."

Des grands bruits de vapeurs...

 

"Mais, qu'est-ce-que c'est que ce bordel?!!"

 

??

 

D'un trait, il se dresse, il sort de la tente, et là, horreur:

Cul-de-poule est en train d'éteindre le feu à coup de seaux d'eau!!

 

"Mais qu'est-ce-qu'il me fait ce coooon!!! Mais qu'est-ce-QUE TU ME FAIS ??!!!" 

 

"Mais Jo, c'est toi qui m'a di...

 

"MAIS JE VAIS LE TUEEEEEEER!!!"

 

" Non, mais...aaaaaaaaAAAAAAAAH!!..." (bruit du gamin terrorisé qui hurle en courant)

 

"JE VAAAAAIS LE TUEEEEEER!!!!!" (hurlement du mec dont on vient d'éteindre en 2 secondes le feu qu'il a mis 4 heures à faire partir)

 

Cul-de-poule, choqué par le hurlement et le revirement si furieux de mon père, cherchait désespérement à comprendre dans les yeux de son chef ce qu'il avait bien pu faire de mal

Mais il a rapidement compris que l'heure n'était pas aux explications, mais à la survie: il a lu dans les yeux de mon père que la menace de mort n'était pas à prendre comme paroles en l'air...

Alors il a couru. Et vite.

En hurlant à son tour (mais lui, de peur), il a couru le plus vite qu'il ait pu, pour échapper à la bête enragée...

Mon père le coursait de près, et Cul-de-Poule n'a pas eu d'autre choix que se réfugier dans le seul endroit qui aurait pu visiblement lui sauver la vie: le lac.

Les jambes à son cou, il a terminé sa course tout habillé dans le lac...

 

Mon père, fauve de l'instant, s'est arrêté au bord...calmé de voir sa proie trempée au milieu de l'étang.

 

Terrifié, dégoulinant, Cul-de-Poule a quand même finit par se défendre...

 

"Mais c'est toi qui m'a dit...".

 

C'est vrai que si madame la juge avait du trancher, elle aurait certainement ordonné Cul-de-poule "non coupable"

 

 "Et oui, tu comprends, Nicole, moi je lui avait dit: "Quand c'est bien parti, tu mets l'eau sur le feu"... et lui, c'est ce qu'il a fait....il a mis de l'eau..sur le feu."

 

Parfois, petit quiproqu'eau..entraîne grands débordements.

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 22:29

borgnes-delirium.jpgPour éviter les fâcheux malentendus, il ne suffit pas de bien tendre l'oreille à ce qui dit l'autre... Il faut aussi savoir faire preuve d'un peu de finesse.

 

Par exemple, il y a trois jours, le soir du réveillon de Noël, ma belle-soeur Nathalie me dit, à un moment :

"Nicole, tu peux jeter un oeil sur Tessa*, s'il te plaît?"

* Tessa, c'est ma nièce, sa fille.

 

"Oui, oui, bien sûr..."

 

Devant cette demande aussi sadique que incongrue, je n'ai pas trop osé lui refuser cette faveur en ce fameux merveilleux soir de Noël, où il est important de faire passer les souhaits de son prochain avant les siens. Du moins d'essayer.

Alors, prenant mon courage à deux mains et une tenaille dans l'autre, je me suis enlevé un globe oculaire, et comme demandé, je l'ai jeté sur ma nièce.

Sans surprise, mon oeil a rebondi. Il a fini par rouler au sol, et puis a achevé sa course sous un meuble de la salle à manger.

Et merde.

 

Une fois que je n'avais plus qu'un oeil, je ne voyais pas trop à quoi ce procédé avait servi...voire, je ne voyais pas trop, tout court.

 

Après, dans un moment de perplexité ou de lucidité, je me suis dit que, peut-être, ma belle-soeur m'avait plutôt demandé :

"Nicole, tu peux jeter un oeil à Tessa, s'il te plaît?"

 

Parce que c'est généralement la formule qu'on emploie dans les bouches-du-rhône, de façon plus courante...

 

Alors du coup, après un peu de réflexion , c'est finalement l'oeil de ma nièce que j'ai jeté...enfin, l'oeil "à ma nièce" on dira par chez moi...

 

Mais une fois que,  elle et moi, on n'avait plus qu'un seul oeil, j'ai vu dans le regard horrifié de ma belle-soeur que j'avais apparemment mal compris sa demande...

Des fois, on croit bien faire...

 

En même temps, c'est facile de faire un regard horrifié quand on a encore ses deux yeux...alors hein...

 

 

(Désolée...la vérité, c'est que à la base, c'est pas du tout de ça que je voulais écrire dans ma chronique du jour, mais mon esprit a dévié...c'est pas grave...quoique... bon, en tout cas, vous aurez la vraie histoire une autre fois...)

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:07

fosse-des-generations.jpgSi ma mère était un sport, elle serait l'escrime.

Des fois, parce qu'elle fait mouche et pique là où on ne s'y attend pas, d'autres fois (et surtout) parce qu'elle.. s'escrime..

Oui, elle s'escrime beaucoup à se battre contre des parasites qui ne cessent de l'assaillir à longueur de temps (à savoir, par exemple, moi, sa fille de presque 30ans qui refuse d'aller se construire un nid à elle ailleurs...)

 

Ainsi, ce soir, devant la porte entrebaillée, ma mère fait une enième tentative, très ressemblante aux précédentes:

 

 

"Non mais vraiment... mais là...c'est une oeuvre d'art, ta chambre...

C'est quoi..."Comment faire tenir le plus de bordel possible sur la plus petite surface qui soit?"...

Tu devrais être décorée pour ça...une médaille...parce que là, c'est une prouesse en soi..."

 

Si seulement mon parasitisme s'arrêtait à ne polluer que le champ visuel de mes parents, ceux-ci m'en seraient reconnaissants, mais hélas, non...il m'arrive aussi d'occuper leur espace sonore...

 

Et à ce sujet, ma mère a pu mesurer avec précision quel était l'écart exact du fossé des générations.

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, ma mère est capable de donner une longueur très précise concernant la taille du fossé des générations: elle peut estimer dans le détail la largeur du gouffre qui sépare sa génération de la mienne...

 

Et cet écart mesure, en ce qui nous concerne, 3 cm.

 

Le fossé des générations mesure, aux dire de ma mère, 3 cm .

 

Preuve maternelle à l'appui:

"Nicole, tu sais à quoi je le vois le notre, de conflit des générations...?

Je le vois le matin, quand j'allume la radio, à chaque fois, le curseur, il est complètement à droite...

Toi, tu le mets complètement à droite...pour une radio tonitruante... Alors que pour Radio Classique.. il faut qu'il soit au milieu le curseur..vers 100, 5... Moi, du coup, chaque matin, je le remets à sa place quand je commence à écouter la radio...Et toi, quand tu te lèves, tu fais la même chose mais dans le sens inverse, et tu dois te dire: "Elle a encore déréglé la radio"... Notre fossé des générations, en fait, c'est juste 3 centimètres.."

 

Si avec ça, elle n'est pas élu en 2012 à la tête de notre pays...

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 11:37

hairnapping.jpgMoi, personnellement, je ne supporte pas être enlevée par un mauvais kidnappeur...

 

Si je vois que le kidnappeur est mauvais, c'est simple, je me casse.

Professionnel ou pas.

Le mec, il a beau avoir un master en kidnapping, un BTS en demande de rançon, si je vois qu'il est pas "carré", je le plante, et je le laisse là, lui et ses cordes et je m'en vais...

 

 

...Avec tous les bons kidnappeurs qu'il y a en france, je vois pas pourquoi, moi, je me taperai un naze du kidnapping...

Dans ce cas-là, qu'il change de voie...Qu'il fasse autre chose..fleuriste, berger, huissier..je sais moi..mais qu'il laisse aux autres cette vocation...

Parce que pour d'autres, par contre c'est vraiment une vocation.

 

Voire pour certains, c'est même plus une vocation, c'est un art...

 

Et le mec d'hier, par exemple, c'était un artiste.

 

Ca a commencé, comme pour tous les kidnapping: à un moment où je m'y attendais pas.

 

Hier, après avoir constaté que le monsieur que je devais remplacer au lycée avait survécu à sa maladie et était revenu, je me retrouvais dans un extrême désarroi..obligée de ne pas travailler durant toute la journée d'hier..flûte, alors, sa mère li popette..

Après avoir emboucané de ma présence un couple d'amis chez qui j'aime particulièrement m'aincruster (version provençale de s'incruster), je suis descendue au centre ville, rue St ferréol, pour y faire une course.

 

Alors que je m'apprêtais à rentrer dans le magasin Virgin pour m'y acheter des cd gravables, un jeune homme, 25 ans environ, habillé d'un trench noir classe surmonté d'une petite écharpe noué autour du cou, me dit:

"Bonjour madame, excusez-moi...est-ce-que, à tout hasard, vous auriez  une matinée à m'accorder?"

 

Une matinée..?

Euh..visiblement le monsieur ne fait pas des sondages..ou alors, pas ceux qu'on note avec un stylo...

 

"Euh une matinée.. mais..euh..pourquoi une matinée?.."

- En fait, je travaille pour un salon de coiffure qui propose des services..un peu, comment dire...d'exigeance..des prestations et des produits qui sont vraiment de qualité...et donc, si vous aviez un peu de temps, je vous propose de profiter ce matin de ces services...je vous l'offre...

- Mais..euh..comment vous dire..vous voyez un peu comment je suis habillée...moi, vous voyez, ça me fait très plaisir que vous m'offriez une coupe de cheveux et tout...mais je pense pas correspondre à la clientèle que vous recherchez....

- Non, mais ça c'est pas grave..

- Non, mais je préfère vous le dire..disons que si vous êtes là, dans le but d'amener, dans votre salon, des clients susceptibles de venir par la suite, il vaut mieux que vous l'offriez à quelqu'un d'autre..parce que moi, je paierai jamais plus de cinquante euros pour une coupe...vous voyez quoi...

- Ecoutez, c'est pas un souci, c'est juste que moi, j'ai un quart d'heure pour trouver quelqu'un...

- Ah bon...

- En plus, je vois que vous avez les cheveux longs, au naturel...

- Ah...bon..ben..ma foi.. allez, d'accord...

- Super, suivez-moi...

 

Et là, je le suis...donc je le pense.

Nous nous dirigeons, rue Davso. On sonne à l'entrée d'un immeuble sur la porte vitrée duquel il est écrit :

"FACE Spirit" (..l'esprit de la face?)

La porte s'ouvre, le jeune homme me désigne l'escalier en face, je monte les marches à ses côtés.

 

Je lui dis: "Par contre, c'est un peu dommage, parce que là, j'ai prévenu absolument personne...donc là, si vous me trucider à la hache et que vous cachez mon corps dans un coin, personne ne pourra me retrouver.."

"C'est vrai...mais c'est pas vraiment ce que j'ai prévu.."

 

Au premier étage, une deuxième belle porte vitrée s'ouvre, un homme la quarantaine, habillée un peu fashion mais version simple (jean slim, chaussure pointue, petite écharpe) me salue, me précède et me montre le "salon de coiffure".

Dans ce bel appartement type haussmanien, la grande pièce qui donne sur la rue fait office de coiffure de prestige.

Les murs de la pièce sont blancs surmontés d'immenses photos de "haute coiffure" (l'équivalent capillaire de la haute couture), et de part et d'autre de la pièce, de grand meubles présentent les produits et la documentation pour "cheveux de luxe".

Au centre, un "plan de travail" en fer forgé portent six grands miroirs en face des desquels les clients s'assoient sur de beaux fauteuils moelleux en cuir noir.

 

On me fait assoir sur le siège central... et pour satisfaire la nouvelle femme de prestige qui se cache en moi, on m'offre un nespresso.

 

"Allez-y, buvez votre café tranquillement, je reviens"

"Je savais bien que ça allait mal tourner... c'est maintenant que vous allez chercher la hâche...c'est ça?"

" Non, pas encore, je vais d'abord vous couper les cheveux...la hâche, on fera ça après".

 

Une fois le café bu, mon hairnappeur  revient, me fait détacher les cheveux...pour les ausculter avant de me dé-tâcher les dits cheveux.

Il se place dans mon dos, et en me regardant dans le miroir me dit:

"Alors...vous avez une belle longueur...sur une base très naturelle...ce que je vous propose c'est qu'on conserve cette base là, mais qu'on fasse en sorte de la sublimer...c'est à dire reprendre peut-être le dégradé notamment pour adoucir les mèches qui encadrent votre visage... vous allez souvent chez le coifffeur..?

- Non, la dernière fois, c'était, il y a un an... et j'avoue que j'ai un peu subi un attentat capillaire...je voulais une frange légère, je me suis retrouvée avec la coupe de lady gaga...

- Ah, c'est sûr...effectivement vous avez des mèches plus courtes là...elle vous avait fait un casque si je comprends bien...Ok...et sinon, en terme de couleur....je vous propose qu'on reste vraiment sur quelque chose de naturel...mais qu'on essaye d'illuminer le tout...par un méchage léger..qui ne parte pas de la base...histoire que vous vous retrouviez pas avec des grosses racines...vous voyez....? Attendez...."

 

Il revient avec un magazine où pose Eva mendes (du moins je crois) en une.

 

"Dans ce genre là..."

- Ah ouais...dans ce genre là...

- Oui, en fait, vous allez être exactement comme ça à la sortie. La même..une bombe atomique, quoi...non, je plaisante (mince)..mais pour la coupe et la couleur, ça vous va..?

- Oui, oui, je vous fais confiance...de toute façon, maintenant que je vous ai suivi jusqu'ici..."

 

On m'installe au bac, et je me fais laver les cheveux...Là, je me bénis d'avoir accepter la proposition malhonnête car d'habitude, c'est pas chose facile de se masser soi-même le crâne, alors que c'est vraiment excellent.

 

"Vous vous sentez en décalage?

- Pardon?

- Là, vous vous sentez en décalage..? Tout à l'heure dans la rue, vous m'aviez dit que vous seriez sûrement en décalage avec notre clientèle, et tout..mais vous voyez, en fait, ça va...vous vous sentez pas mal à l'aise là..?

- Euh non..."

 

Après, le rinçage et le pénible démêlage, vient l'étape de la coupe de cheveux. On me fait retourner à ma place, serviette sur la tête. Là, après une rapide auscultation de mes cheveux, je vois le regard un peu perplexe du coiffeur qui

regarde ma nuque.

 

"Euh, oui, je sais ce que vous regardez....dessous, j'ai des mèches beaucoup plus courtes...parce qu'en fait, il y a 4 jours, j'avais un gros noeud dans les cheveux de dessous, à cause de l'écharpe...j'ai commencé à démêler mais ça m'a gonflé, alors j'ai tout coupé..."

"Oui...vous vous êtes fait un carré court, quoi...mais que dessous...bon...c'est pas grave..il en reste des cheveux...

Alors vous voyez, là, ce qu'on va faire, ce que premièrement, on va tâcher de fondre mieux la frange au reste..vous voulez la gardez la frange?

- Oui.

- Oui, donc on va juste la dégrader...et ensuite, ce qu'on fera.."

 

"Jo, pardon, je t'arrête deux secondes."

C'est l'homme plus âgé qui vient de l'interrompre.

"Jo, si une cliente te dit qu'elle veut conserver sa frange, et notamment si elle te dit avant qu'elle a subi "un attentat capillaire", tu peux pas en réponse à cela lui dire, que tu vas la dégrader, sa frange...dégrader, pour une cliente, ça veut dire couper...or, une cliente après un accident de coiffure, elle a besoin d'être rassurée, tu vois...elle va se braquer sinon, si tu lui dis que tu veux couper alors qu'elle veut pas...donc, dans ce cas là, tu banis "dégrader" de ton vocabulaire, et tu lui dis "restructurer"..ou autre chose...fais attention à ça.."

 

Ah bon..je pense tout ça...quand on me dit "dégrader"..?

En tout cas, je comprends que là, mon "Jo", tout d'habits noirs et moulants vêtus, est en évaluation aujourd'hui...sur ma tête...

 

Jo me coupe les cheveux. Tchack-tachk-tchak...tchik-tchik-tchik...les cheveux tombent au front...

Le patron passe derrière, et vérifie que le coté droit et gauche soient raccord, et enseigne à mon petit coiffeur, comment retailler une frange comme la mienne...

"Après avoir dégager la frange..tu dessines un arc de cercle...comme en C..tu vois...en pratiquant des micro-coupures, tu vois...comme ça, ça crée un tuteur...sur lequel repose ensuite la masse de la frange..tu vois.."

Ma chevelure est un jardin,quoi.

 

Plus d'une heure est passée, je comprends que je serai en retard à mon rdv de midi...j'envoie une première vague de textos., quand vient en renfort de mon coiffeur, la coloriste.

Jo m'explique son projet, et espère par là, obtenir en même temps, l'aval de la demoiselle "pro du pigment".

 

"Ce que j'aimerai faire, c'est vraiment conserver ce coté très naturel de votre chevelure, tout en illuminant l'ensemble...réhausser par un léger balayage les reflets chauds que vous avez déjà...notamment sur l'encadrement de votre visage...et.."

Soudain, devant ma tête de pouilleuse perplexe qui n'ait jamais subie que des colorations artisanales "made in chez soi", il s'interromp lui-même: " Je suis désolé...je suis en train de faire un blabla chiant de coiffeur, c'est horrible... bref, vous voyez ce que je veux dire.."

 

Et là, mon petit "Jo" et sa collègue me concocte un truc à l'artillerie lourde, le blockbuster des cheveux...

 

D'abord le méchage.

Jo étale de la pâte blanche sur quelques mèches de cheveux... il passe ma tête au four. Un quart d'heure plus tard:

" Alors, vous êtes devenue une blondasse?"

Pas encore visiblement.

Devant ce peu de changement, il décide de sévir un peu..

"Oui, parce que le but, même si ça reste naturel, c'est que vous sortiez un peu changée...sinon mon patron, il va me dire: Jo, tu vois la porte, là..?.."

Il se met donc en tête  "d'illuminer toute la chevelure de façon très légère"...

"Vous allez voir, c'est excellent, j'adore faire ça!".

 

Deuxième étape donc: l'illumination capillaire.

Il se tartine les deux mains pleine d'une seconde crème, et "froisse" doucement mes cheveux. Temps de pose: 10 minutes de four.

 

Puis vient, après un rincaçe, la troisème étape: une coloration flash d'ensemble pour donner un teint "chaud" à ma chevelure.

 

Au bout d'une heure, mes cheveux sont définitivement tout illuminés.

Mais reste encore le brushing...

En attendant que monsieur sorte ses brosses, je préviens mes copines que mon ravisseur ravissant ne me relâchera pas encore, et qu'il ne faut plus compter sur moi pour manger à midi (vue qu'il est déjà une heure et demi).

 

Il range ses ciseaux au profit de trois brosses.

"Combien, ça coûte des ciseaux de coiffeur?

- Ca dépend...ça dépend du modèle, de la marque..

- Ceux là?

- Ceux-là, les miens...ils m'ont coûté environ...deux bras...

- des bras d'enfants...?

- d'enfants?

- ben, des bras neufs.

- Ah oui, ils coûtent deux bras neufs... c'est pas des bras d'occasion, c'est sûr...

- et tout ce que vous m'avez fait là, ça me reviendrez à combien..?

- Ah, ben...là, sur votre tête...ça vous fait plusieurs bras..."

 

Dernière heure de kidnapping : brushing, coiffage, sculptage de mes cheveux. 

 

"Alors ça vous plaît?

- Oui, c'est très joli... je suis un peu honteuse d'être aussi mal habillée du coup..

- Vous savez quoi, ce qu'on pourra faire éventuellement, on tentera de renforcer le méchage si ça vous fait pas trop peur, la prochaine fois que vous venez...c'est à dire....euh...jamais...en fait...haha...

Bon, c'est pas grave...en tout cas, merci d'être venue..

- Merci à vous..dire que je voulais juste m'acheter des cd gravables, en fait, au départ...bonne journée.. 

 

Et voilà, au bout de trois heures et demi d'enlèvement, mon kidnappeur a enfin eu pitié et m'a relâché, moi et ma chevelure d'Eva Longoria (l'allure et le divorce en moins).

J'avais prévu de passer une journée comme les autres...et ça n'a pas marché..à cause du fameux kidnapping.. 

 

En fait, pour dire vrai, j'ai menti.

Hier, je n'ai pas vraiment été kidnappée...

 

..non, j'ai été kidn'happy...

 

 

 

 

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 23:30

petit-lapin.jpg... ou "quand la réalité rejoint la fiction..."..

 

Depuis un mois maintenant, j'ai accouché d'un bébé.

Un bébé spectacle.

 

Et sur l'affiche de ce spectacle, je porte une jolie chepka (ou chebka, chabka?) noire, d'un tour de tête d'environ un miles, tellement qu'elle est large...(pour faire la photo de l'affiche, j'avais du coincer une écharpe au fond, pour pas qu'elle me tombe sur les yeux.).

Une belle chepka...en vraie peau de lapin mort.

 

....mais c'est dégoûtant, d'avoir un lapin mort sur la tête...

Oui.

Ca, c'est ce que je pensais avant.

Avant de la rencontrer, elle.

 

Ce matin là, je me rappelle: je cherche des lunettes d'aviateur comme accessoire...

Et, dans ce magasin de surplus militaire, sur le haut d'une étagère, toute seule, je la vois .

A l'ausculter rapidement, je me dis: " elle est trop vachement grande....mais y a des gens qui ont une grosse tête comme ça..?"

Et là, je l'essaye....paf!!

Soudainement, je l'aime.

 

Elle est trop grande, elle est faite en fourrure et j'aime pas ça, mais elle, je l'aime.

 

Quand je la ramène à mon collègue Titi (qui s'occupe de faire l'affiche), il me demande d'ailleurs si il y a un lien entre ce chapeau et le spectacle..

"euh...non...aucun."

"Ah..ce sera pas un accessoire d'un personnage..?"

"Non, non..mais je sais pas, elle me plaît.."

 

Allez ziou, va pour la chepka.

Trois heures de photos avec mon lapin noir mort chéri sur le crâne pour un total de plus de 200 photos je crois...

 

Quelques mois passent, et l'affiche comme le pestacle se construisent doucement.

 

Un jour, enceinte jusqu'au yeux de mon spectacle, à dix jours de la première, je décide finalement que je rentrerai sur scène avec.

Parce que j'en ai besoin. C'était pas écrit dans le texte, mais là, j'ai besoin d'un peu de soutien, j'ai besoin de ne pas me retrouver complètement seule, complètement nue sur scène, et cette chepka fait parfaitement office de doudou scénique.

 

Le jour de la première, dans les coulisses, je bénis mon doudou, qui avec ces grandes oreilles pendantes empêchent que les miennes n'entendent trop le public qui est déjà là, et qui, avec sa grande visière, empêche que mes yeux puissent voir le trac énorme qui se profile à l'horizon.

Je bénis mon doudou de m'accompagner sur scène, dans le noir, juste avant que le spectacle ne commence, et je remercie enfin ma chepka de prendre en pleine gueule la première lumière qui allume la scène...pour ne pas que j'ai à le faire moi-même...

 

Dés lors, ce lapin noir mort a toute ma considération.

 

Et si il m'a manqué à la seconde représentation, je l'ai gardé aux suivantes qui ont eu lieu ce dernier week-end...

 

Sauf que voilà...des fois, les lapins ne finissent pas comme on l'espèrait...

Des fois, les destins des petits lapins sont noircis par des choses qu'on ne soupçonne pas...ouais, toi-même, tu sais de quoi je veux parler...lapin, représente...rabbit en force...

 

Hier, donc ce dimanche 5 décembre, j'arrive à 14h30 au théâtre du Carpe Diem, où je dois jouer à 16h...normalement.

A mon arrivée, le régisseur, à la mine des confites, me dit: "Euh...va falloir annuler...on vient de se faire cambrioler... ils ont tout pris, tout...ordis, console de régie... ils ont pété la porte comme des bourrins, regarde...p'tain.."

Hein?

Cambrioler le théâtre du Carpe Diem...?..mais euh..en dehors du fait que c'est dégueulasse parce que c'est un petit théâtre de quartier qui peine à vivre, c'est pas très...rentable...

(pour donner une idée...quand, par la suite j'ai raconté cet épisode, la première phrase qui est sorti de la bouche de mes interlocuteurs, c'était: "Au Carpe Diem? mais ils ont trouvé des trucs à voler..?")

 

Le régisseur m'explique un peu plus:

" En fait, je suis arrivé, j'ai vu un mec devant le rideau de fer levé et je lui ai demandé ce qu'il foutait là..Il m'a répondu qu'il avait vu des jeunes rentrer, etc .. Moi, du coup, je suis allé voir, en panique et en fait, ce connard, dès que je suis entré, il a fermé derrière moi le rideau de fer, il m'a enfermé, c't enculé..."

"Nooon...le bâtard..."

"En fait heureusement qu'on jouait cet aprèm...parce que sinon, ils nous aurient tout tirer, projos, photocopieur...en plus, ces connards, ils ont partis avec toutes les clés...et ils savaient où elles étaient..ils ont ouvert que celui-là de tiroir.."

"Putain...pffff..c'est hallucinant..."

 

Finalement la responsable du théâtre arrive. Elle fait les mêmes constats affligeants.

"Ce qui me fend le coeur, c'est de me dire que en plus ce sont des gens qui connaissent le théâtre...et puis là, on peut plus fermer... J'ai peur qui reviennent ce soir, juste pour vandaliser...ça arrive...Quand tu vois l'état de la porte..ils sont pas doués pour des voleurs..Ils auraient pu faire ça proprement quand même..."

Lui succèderont la brigade d'intervention rapide de la police puis la police scientifique, dont le représentant, valisette métallique à la main, essaye tant bien que mal de trouver une empreinte potable parmi les objets en vrac.

Pendant ce temps, le public est arrivé.

 

Rapide bilan de la situation:

"Bon, on peut faire quoi, là?" me demande Nicole (quand je dis ça, je parle pas de moi quand même...je suis certes plusieurs dans mon crâne, mais comme tout le monde, j'ai appris à le cacher...je parle là, de l'autre Nicole...la responsable du théâtre).

"On présente quand même quelque chose même si y a pas vraiment de régie..tu te sens?"

 

"Allez". Va pour une représentation épurée...genre nouvelle cuisine.

Pas d'effets lumière, pas d'effets son, pas d'effet mère...

 

En préparant, sur le "feu", mes accessoires, je m'aperçois que par chance, tout est là...sauf...ma chepka.

 

Merde.

 

Mon histoire d'amour s'interromp brutalement.

Violemment.

 

On m'a volé ma chepka de scène.

 

C'était le seul accessoire que j'avais laissé en régie.

Et franchement, je peux comprendre que, en volant la console de régie, le voleur n'ait pas résisté à l'appel de la chepka.

Il a du la trouver douce, belle et tellement funky, que ça a du être irrésistible pour lui aussi.

 

Bref, quelque part, boulevard national, ou un peu plus loin, traîne un mec avec un belle chepka noir sur la tête, probablement vissé jusqu'aux yeux (parce que sinon, si elle est à sa taille, c'est qu'il a pas trop de chance... c'est jamais facile à assumer d'avoir une tête aussi large qu'une table basse).

Et sûrement qu'il doit s'y sentir bien dedans.

 

Mis à part le fait de ne plus l'avoir, ce qui me chagrine un peu, c'est que j'avoue que, plusieurs fois, ça m'avait traversé l'esprit de me dire que mon lapin mort, il avait de la chance...pour un lapin mort.

 

Je trouvais que ça lui faisait un destin plutôt sympa...cette histoire de doudou scénique.

Alors que là...

 

 

Moi, je le voyais faire du théâtre, avec moi, et au lieu de ça, mon petit lapin, à l'heure qu'il est, il vole peut-être des scooters avent de dealer du shit dans des coins sombres...

 

P'tain, des fois...il suffit d'un mauvais jour...

...et petit lapin peut devenir chacal...

 

Toi-même, tu sais...

 

Allez, bise, mon lapin, je t'aime quand même.

 

Signée: ta poule.

 

 

 

 

 

 

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 23:52

parachustisme

Parmi tous les mots de la terminologie qui pourrait être associée à mon père et à sa vie, il en existe un qui fait particulièrement classe, je trouve... c'est  "Colonel".

Colonel Ferroni.

Mais il ne faut pas croire que mon père soit devenu colonel du jour au lendemain...non, devenir Colonel, c'est le fruit d'un long parcours pour quiconque est épris de bravoure et devoir...

Aussi, par mille fois, mon père, avant d'être promu colonel, a du prouvé sa valeur d'homme de confiance de de droiture.

 

 

Revenons sur quelques uns de ses épisodes...

 

Avant d'être colonel, mon père a d'abord du être officier.

Il avait donc intégré, à l'âge de 26 ans (à peu près) l'école des sous-officiers et des officiers de Tours.

Une école rude où la sélection naturelle et pas naturelle était draconienne avec les pauvres prétendants au titre d'officier.

A titre d'exemple, une des épreuves éliminatoires consistait à parcourir 10 km en moins d'une heure...le tout en tenue de combat...rangers aux pieds, et sac à dos...

(..les participants de Koh-Lanta peuvent s'estimer heureux de n'avoir qu'à manger des vers pour prouver leur virilité..)

 

Cette école était non seulement rude par les épreuves physiques auxquelles étaient soumis les jeunes gens, mais aussi par la discipline sans faille à laquelle ils étaient confrontés...

 

Aussi mon père et cette discipline s'étaient lancés dans une bataille mutuelle sans mercis, et à aujourd'hui, il n'a toujours pas été possible de savoir qui de mon père ou de la discipline a eu raison de l'autre...

 

Premier round.

"Votre uniforme témoigne de votre fonction, révèle votre statut, il doit être porté en tout temps, au sein de la caserne comme à l'extérieur".

Telle était la directive que tous s'empressaient de transgresser une fois le portail traversé les jours de permission. Il suffisait ensuite, pour éviter les ennuis, de ré-enfiler l'uniforme peu avant le retour à la caserne. Ce que faisait habituellement mon père...

Sauf que, un jour, pris dans une nappe de brouillard épais (caractéristique de la région de Tours), mon père essayait déjà tant bien que mal d'arriver à l'heure, lui et son automobile (le retard n'étant absolument pas pardonné dans un monde comme l'armée...une "bonne" guerre commence à l'heure...?).

Un peu pressé, mon père arrive à proximité de la caserne. Juste avant de traverser la poste de surveillance qui se trouve à l'entrée, il enfile, in extremis, dans sa voiture, le haut de son uniforme par dessus sa belle chemise de "civil", laissant pour le bas, ce joli pantalon à pince dans lequel il se trouvait fringant que les sentinelles de l'entrée ne pouvaient remarquer sous le volant...

La traversée du brouillard s'étant finalement plutôt bien finie, mon père constate qu'il a en fait  cinq minutes devant lui avant de prendre son poste.

Il arrive au poste de garde. Processus banal de surveillance: salutations sommaires, montrage de papier, identification de la personne entrante...

"Allez-y..."

Serein de la réussite de sa petite entourloupe, il traverse, au volant de son auto, la grande cour pour se rendre dans son batiment où il prévoit de se changer.

 

Soudain retentit: "Tuuu-tuu-tuuu...Tuu-tuuu-tuuuuuuuu..Tu-tu-tu-tuuuuuuu...Tu-tu-tuuuuuuu..."

Douce mélodie de trompette qui sonne...le lever des couleurs.

 

"Et merde..."

 

Or, quand on lève les couleurs, c'est à dire quand on hisse les drapeaux, chacun se doit de leur rendre honneur.

Chacun cesse de faire ce qu'il fait et salue.

Y compris ceux qui ne font que conduire...

 

"Pfffff..."

 

Le père Ferroni et sa voiture sont malheureusement placés, en cet instant, juste devant les fameuses "couleurs".

Hors de question poursuivre son chemin, ce serait une insulte...

Mon père arrête la voiture, sort dans son accoutrement particulier: chaussures de ville, pantalon de costume gris, petite chemisette et...veste de treillis.. et le temps de la chanson, fait comme si de rien n'était: il salue les drapeaux et fredonne fièrement l'air de son régiment durant les deux minutes de malaise.

 

Fin de la chanson.

 

Il balaye du regard la cour.

Aucun de ses supérieurs ne vient le voir.

Personne ne semble avoir remarqué la supercherie...

 

Apparemment: Ferroni 1 - Discipline 0.

 

Alors, avant que quelqu'un ne s'en rende compte, il remonte dans sa voiture et part rapidement vers son batiment.

Arrivé dans sa chambre, il enfile sa tenue, prend son poste, et entame une journée "normale".

Entrainement physique,  corvées, enseignement de tir, récupération du courrier...

"Lambert, courrier", "Cantard, courrier" etc.. "Ferroni"

- Présent. J'ai du courrier..?

- Non. Par contre, dites-moi, Ferroni... J'ai cru voir, ce matin, que vous aviez un souci d'uniforme...?

ben...

- Un uniforme comment dire...pas réglementaire dans son intégralité, dira-t-on...

- ...

- A l'avenir, Ferroni, prenez  vos dispositions pour que vos entorses au réglement soient plus discrètes...

 

En même temps, mon père n'eut pas le loisir de tester son nouveau plan de discrétion dès sa prochaine permission prévue..puisqu'elle n'eut pas lieu... pas permise, la permission...

 

Ferroni - Discipline: 1 partout...

 

 

 

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